CECURITY NEWS N°140 – 14 novembre 2019 – 
Les femmes du numérique
Préparée par Arnaud Belleil & Estelle Renault

Si vous estimez que cette lettre est utile, n’hésitez pas à la faire découvrir à vos amis, collègues ou relations – https://www.cecurity.com/fr

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SOMMAIRE :

L’AVIS D’EXPERT
Femmes du numérique : « le changement est en cours : il faut foncer »

LE SAVIEZ-VOUS ?
Publication de la norme 27701 management de la protection de la vie privée
Le devoir de souveraineté numérique
Du KYC au coffre-fort numérique
Les modes d’échanges légaux des factures électroniques

LES ANNONCES DE CECURITY.COM
La 7ème édition du Tech Vill@ge by Cecurity.com a eu lieu le 03 octobre à Paris
Cecurity.com était présent lors du 74ème Congrès de l’Ordre des Experts-Comptables

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L’AVIS D’EXPERT

« Le changement est en cours : il faut foncer »

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Le 03 octobre 2019, dans le cadre de sa journée Tech Vill@ge dédiée à ses clients et partenaires, Cecurity.com a organisé une table ronde sur le thème « Femmes du numérique ». Compte-rendu de cet évènement animé par Laurélia Lorusso, Cecurity.com, au cours duquel sont intervenues Carine Braun-Heneault, Red Hat et Syntec Numérique, Amélie Frezier, Edicom, Christine Paurise, BDO et Frédérique Ville, Digiposte.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi un développeur devrait être un homme et pas une femme » affirme Carine Braun-Heneault qui poursuit ironiquement « ce n’est quand même pas un travail de bucheron ou de bucheronne pour lequel la force physique peut être déterminante ». Et pourtant, tous les chiffres concordent pour attester d’une sous-représentation chronique des femmes dans l’univers du numérique. Aujourd’hui, en France seuls 25 % des métiers à haute technicité sont occupés par des femmes. Amélie Frezier confirme que la situation est analogue en Espagne avec un taux de 22%. Frédérique Ville souligne pour sa part que seulement 9% des start-up financées dans le numérique sont dirigées par des femmes alors qu’elles sont bien plus nombreuses parmi les créatrices d’entreprise. Christine Paurise enfonce le clou en faisant part de son expérience personnelle : « J’ai plutôt connu des taux inférieurs à 10% dans les DSI que j’ai gérées ; il y avait une femme avec moi dans une équipe de 30 personnes. Lorsqu’il était question de gestion de projet, on pouvait encore trouver des femmes, mais on frôlait le 0% pour des postes systèmes et réseaux ou sécurité des systèmes d’information ».

Carine Braun-Heneault souligne que cette sous-représentation n’a rien de « naturel » : « c’est un constat proprement occidental qui concerne l’Europe et les Etats-Unis. En Inde, les jeunes filles sont fortement encouragées par leur famille pour investir les métiers du numérique. Historiquement, il ne faut pas non plus oublier que le début de l’informatique doit beaucoup aux femmes. À l’époque, celles que l’on appelait les kilo-girls produisaient des calculs en grand nombre – pour un salaire modique. Ce sont ces pionnières qui ont fait avancer l’informatique ».

Comment expliquer une telle situation ? Les intervenantes s’accordent pour pointer la persistance de stéréotypes ; Frédérique Ville illustre la situation par deux anecdotes saisissantes : « Il y a peu de temps, je croisais une petite fille de 5 ans, à la sortie de l’école maternelle, qui disait avec des yeux pétillants : « Maman on a fait des algorithmes ». Elle se projetait. À l’évidence, c’était son truc. Un peu plus tard, lors d’une intervention auprès de collégiens et lycéens, une jeune fille m’a confié qu’elle pensait faire une prépa parce qu’elle aimait bien les maths mais qu’elle avait peur de ne pas tenir. Entre ces deux jeunes filles, il y a dix ans d’écart, dix ans de pression sociale et culturelle ». Carine Braun-Heneault complète l’explication : « l’univers de l’informatique est tellement masculinisé qu’il rebute les jeunes filles. Elles ne veulent pas être minoritaires dans les écoles d’ingénieurs, dans les entreprises ou dans les communautés de développeurs. Il faut reconnaître que ces dernières demeurent assez misogynes ». Un peu cruellement, Christine Paurise souligne que les stéréotypes concernent aussi les garçons : « Le cliché de l’informaticien boutonneux à lunettes derrière son écran qui mange des pizzas est encore bien présent ».

À ce stade, il est possible de s’interroger : en quoi est-ce vraiment un problème si les femmes s’orientent plus volontiers vers la médecine ou la magistrature que vers le numérique ? Les enjeux ne se situent pas uniquement au niveau des questions d’égalité. Pour Christine Paurise : « dans une équipe, si tout le monde se ressemble, on introduit invariablement des biais. À l’heure de l’intelligence artificielle, cela devient une difficulté critique ». Pour Carine Braun-Heneault, c’est aussi un vrai problème économique : « En Europe, en 2020, il va manquer 800 000 talents dans les métiers du numérique dont 200 000 pour la France. Si les femmes sont absentes dès le départ ; ce sera la double peine. Avec ce déséquilibre sur le marché du travail, le prix des talents va augmenter et les employeurs seront les premiers pénalisés ».

Quelles solutions peuvent être envisagées dès lors que les intervenantes s’accordent sur le constat qu’une obligation réglementaire serait inutile ? « Ce serait même, à la limite, méprisant » complète Christine Paurise.

Le premier des axes évoqués est celui de la reconversion, notamment au travers de l’initiative soutenue par Syntec Numérique présentée par Carine Braun-Heneault : « Syntec Numérique encourage les entreprises, comme cela a déjà été fait par Cecurity.com, à signer le Manifeste pour la reconversion des femmes dans le numérique. C’est un outil pour sortir de ce paradoxe où l’on a une économie florissante, où l’on gagne mieux sa vie que dans les mines de charbon, qui devrait attirer mais qui n’attire pas. »

Associée à l’approche de la reconversion, est citée également la nécessité de communiquer sur la diversité des postes à pourvoir et la variété des parcours envisageables. Pour Christine Paurise : « Le numérique ce n’est pas un métier, informaticien cela ne veut rien dire. Il faut communiquer sur la diversité des spécialités ». Amélie Frezier insiste également sur l’importance de prôner par l’exemple pour donner de la visibilité et va même jusqu’à recommander une communication « qui apporte du glamour ». Elle témoigne de son propre parcours de diplômée en lettres devenue spécialiste des services de confiance numériques. Carine Braun-Heneault évoque de son côté le cas d’une femme, licenciée en lettres, devenue Chief data officier d’une grande métropole. « On pourrait croire que c’est un saut quantique alors que ce n’est pas le cas ».

En complément des études de lettres déjà citées, les masters en droit du numérique comme ceux des Universités de La Rochelle ou de Corte, dont la Fédération des Tiers de Confiance du numérique (FNTC) est partenaire, donnent accès à des emplois à pourvoir dans les entreprises du numérique : juriste contrats IT, responsable conformité, délégué à la protection des données, etc.

Enfin, les intervenantes sont unanimes pour dire que la solution dépend d’abord des femmes elles-mêmes : « les femmes doivent se faire confiance car les hommes se posent moins de questions » (Christine Paurise) » ; « les femmes doivent se prendre en main (Frédérique Ville) ». Ce qui permet à Amélie Frezier de conclure sur une note positive et enthousiaste : « Il faut foncer. Quand on débute dans une entreprise du numérique, on est la bienvenue. Il n’y a pas de différence hommes / femmes. C’est le moment, car les choses sont en train de changer. L’important, c’est de s’éclater en trouvant sa spécialité ».

Arnaud Belleil

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Publication de la norme 27701 management de la protection de la vie privée

La famille des normes 27 001 s’est agrandie en août 2019 avec la publication de la norme ISO/IEC 27701 sur le management de la vie privée (ou PIMS pour Personal Information Management System). La CNIL a activement participé aux travaux d’élaboration de ce texte aujourd’hui uniquement disponible en anglais.

Le devoir de souveraineté numérique

Le 03 octobre 2019, la commission d’enquête du Sénat sur la souveraineté numérique a rendu publiques ses conclusions en formulant des propositions. Premier constat mis en évidence par les parlementaires : « Aujourd’hui, il faut défendre notre modèle de société et nos valeurs : l’Homme n’est pas une somme de données à exploiter. »

Du KYC au coffre-fort numérique

Quels liens entre le KYC (ou Know Your Customer) et les services de coffre-fort numérique ? La Fédération des Tiers de Confiance du numérique (FNTC) a lancé le débat le 3 octobre 2019 lors d’un atelier du Salon Solutions.

Les modes d’échanges légaux des factures électroniques

Le Forum National de la Facture Electronique (FNFE) diffuse depuis juillet 2019 un document intitulé « Les modes d’échange légaux des factures électroniques » Une bonne façon de réviser les trois principes à respecter et les trois modes d’échange possibles (Piste d’audit fiable, signature électronique et EDI)

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LES ANNONCES CECURITY.COM

Tech Vill@ge 2019
Le 03 octobre 2019, s’est tenue la 7ème édition du « Tech Vill@ge » organisée par Cecurity.com au Cyclone le studio à Paris.
Cette année le Tech Vill@ge a réuni près de 50 entreprises et organismes !
Nous avons eu le plaisir d’animer deux tables rondes d’exception.

La première a eu pour thème Les femmes du numérique avec la participation de Carine Braun-Heneault, VP Mid Market & SMB Red Hat et Présidente du programme Femmes du numérique de Syntec numérique, Amélie Frezier, Spécialiste Services de Confiance chez Edicom, Christine Paurise, Directrice des Systèmes d’Information chez BDO, Frédérique Ville, Directrice Générale chez Digiposte.

Dans un deuxième temps, le sujet de la Cybersécurité & Dématérialisation a été abordé avec l’intervention de Séverine Baiocchi-Denys, Directeur de la Conformité BU Confiance & Services d’Archivage Électronique chez DOCAPOSTEAlexandre Magloire Chargé de mission cadre réglementaire de la sécurité numérique chez l’ANSSI et Antoine Toupet, Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information chez Canon France Business Services

Lire le communiqué de presse : https://bit.ly/2pbysOZ
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Congrès des experts-comptables : Cecurity.com aux cotés d’Agiris

Du 25 au 27 septembre 2019 s’est tenu au Palais des congrès de Paris le 74e Congrès de l’Ordre des experts comptables. Cet événement majeur s’impose, en France, comme le plus grand rassemblement de professionnels avec plus de 6 000 personnes attendues.
« L’expert-comptable au cœur des flux » La thématique de ce 74e congrès rappelle que les entreprises évoluent de plus en plus dans un environnement complexe au sein duquel la circulation de flux financiers, flux humains, flux dématérialisés, virtuels ou réels s’intensifie.

En savoir plus https://bit.ly/2pZizeq
https://expertise.cecurity.com/wp-content/uploads/2019/10/newsletter_stand_agiris.jpg______________________________________________________________________________________________________________________

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